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Préparation physique pour le surf : ce qui transfère vraiment

Par Thibaut Lély, Préparateur physique, fondateur d'Uruz Athletic Factory·7 min de lecture

Plateau d'entraînement d'Uruz Athletic Factory à Soorts-Hossegor

À Soorts-Hossegor, presque tout le monde surfe. Presque personne ne s'y prépare autrement qu'en surfant. Voici ce que le sport demande réellement, et ce qui se travaille utilement à la salle.

Ce que le surf demande réellement

Vu de la plage, le surf est une affaire d'équilibre et de technique. Vu du côté de la dépense, c'est autre chose. Une session se décompose en efforts très différents, et c'est cette combinaison qui la rend exigeante.

  • La rame, qui occupe la majorité du temps passé à l'eau : un effort d'endurance du haut du corps, dos et épaules, entrecoupé d'accélérations franches pour passer la barre ou prendre une vague.
  • Le pop-up : un mouvement explosif, complet, répété des dizaines de fois dans une session, souvent en état de fatigue.
  • La position sur la vague : un travail de gainage en rotation et de force excentrique des jambes, sur un appui qui change en permanence.
  • La récupération entre deux vagues, courte et rarement complète, qui détermine ce qu'il reste au bout d'une heure et demie.

Pourquoi la salle classique passe à côté

Un programme de salle standard travaille surtout dans le plan sagittal, avec des appuis stables et des charges bien réparties : développé couché, squat, tirages. Rien de tout cela n'est inutile, et un surfeur plus fort est un meilleur surfeur.

Mais deux qualités décisives y sont presque absentes. La rotation résistée, d'abord, alors que tout le surf se joue dans ce plan. L'endurance spécifique du haut du corps, ensuite : un surfeur peut avoir un développé couché solide et ne plus être capable de ramer au bout de quarante minutes. Ce sont deux qualités différentes.

Ce qui transfère

Le travail de force reste la base, parce qu'il conditionne tout le reste. Mais il gagne à être complété par trois familles de travail, choisies pour ce qu'elles reproduisent.

  • L'anti-rotation et la rotation résistée : apprendre à résister à une force qui veut faire tourner le tronc, puis à produire cette rotation de façon contrôlée. C'est ce qui tient la position sur la vague.
  • L'endurance de tirage : des volumes de traction et de tirage menés en endurance plutôt qu'en force pure, pour tenir la rame sur la durée d'une session.
  • L'explosivité en chaîne complète : passer du sol à une position debout stable, vite, en répétant. Le transfert avec le pop-up est direct.

Le meilleur indicateur d'une préparation qui fonctionne n'est pas la performance en salle, c'est la dernière demi-heure de session. Si elle ressemble à la première, la préparation a servi.

Hors saison et pleine saison

La logique change selon la période. Quand les sessions s'espacent, on peut charger : c'est le moment de construire de la force et de la masse, avec des volumes qui seraient incompatibles avec du surf quotidien.

Quand l'eau est bonne et qu'on surfe plusieurs fois par semaine, la salle passe en soutien. Moins de volume, on conserve l'intensité pour ne pas perdre la force acquise, et on garde de la fraîcheur pour l'eau. Un programme identique toute l'année ignore que le surf est lui-même une charge d'entraînement.

Le point qu'on néglige : l'épaule

La rame sollicite massivement et de façon répétitive la ceinture scapulaire, presque toujours dans le même schéma. Sans travail compensatoire, le déséquilibre s'installe entre ce qui pousse et ce qui tire.

Un travail régulier de la partie haute du dos et des rotateurs ne rend pas plus performant en soi. Il permet de continuer à surfer, ce qui revient au même sur plusieurs années. Cela dit, une douleur installée relève d'un professionnel de santé, pas d'un programme.